Lausanne jardins 2014 Landing

Sur le plan du centre ville, Adrien et moi avons jeté des graines, la façon la plus simple de démarrer un jardin…

Là où elles tombèrent, se sont installés les jardins de la 5éme édition de Lausanne Jardins.  

Comme le vent ou les semelles transportent les graines et transforment le paysage, notre geste a provoqué, au hasard, l'apparition de nouveaux jardins dans la ville. Rue, place, impasse, chemin, escalier, toit terrasse, cour d'immeuble, pont, autant de lieux, parfois propice (un parc), plus souvent improbable (une sombre impasse) mais toujours surprenant et motivant.
Les sites confirmés, un parcours se dessine. Il arpente la ville et ses dénivelés, ses grands espaces ouverts sur le lac ou les montagnes comme ses recoins; escaliers dévalant le relief, accès dérobés au métro et autres terrains de jeux cachés sous un pont.

Et sur ce parcours, nous avons vu atterrir des jardins, évolution logique de notre lâché de graines.

… LANDING …

Atterrir, se poser, toucher terre

Nos parcours respectifs nous conduisent à réfléchir sur la question du jardin face à la modernité: Comment le monde végétal, matériau vivant et changeant peut-il prendre place hors des schémas classiques (square, place etc …) dans des lieux déjà construits, bétonnés et asphaltés ? Et donc sous quelle forme ? Dans quel contenant ? Et par quels moyens d'entretien ?
- Proposer de nouveau mode d'installation du végétal en ville. pour créer une logistique d'installation d'un jardin différente intégrant la possibilité de déplacer ou transporter ces jardins.
- Envisager des modes d'interventions inventifs. Approcher la possibilité de jardins "prototype" à décliner dans d'autres villes et estampillé "Lausanne jardins".
- Encourager la participation d'équipes pluridisciplinaires à même de réfléchir différemment à la thématique tout en étant conscient et respectueux des contraintes inhérentes au végétal.

Nous avons rêvé Lausanne jardins comme un laboratoire pour le jardin contemporain:

Pépinière en transit, container pour jardin exotique, ferme urbaine translucide, prairie fleurie, terrain de pétanque tout vert, gazon gonflé à bloc, serpent de fleurs, parking jardin, labyrinthe forestier, paniers qui poussent, pergola alpine, bulle du désert …. L’édition 2014 dévoile les créations d’équipes mixtes architectes, designers et paysagistes en proposant un parcours atypique semé de découverte dans le centre ville.

Nous avons rêvé Lausanne Jardins comme un lieu de rencontre et d’échanges entre concepteurs:
10 nationalités différentes sont représentées: Allemagne, Danemark, Espagne, Etats unis, France, Grande Bretagne, Italie, Pays-Bas, Suède et Suisse bien sur.

L’édition 2014 fait également la part belle aux artistes qui apportent à la manifestation surprise et poésie: des montagnes épurées dans la cathédrale, un chemin bed and breakfast pour oiseaux et une fourmilière improbable dans un paysage de Nouvelle Zélande.

Nous avons rêvé Lausanne jardins comme un catalyseur d’énergie qui transforme l’espace public et fait se rencontrer les Lausannois et les visiteurs:
Elle donne aussi de la visibilité à de jeunes concepteurs qui ont su montrer leur professionnalisme tout au long de l’élaboration et de la construction de leur projet: Des vers de terre mis en scène fertilisent le gazon tandis qu’ailleurs des aromatiques en pots se partagent le ciel sur une corde à linge … Et deux architectes de l’université du Michigan sont venus construire une remorque d’un nouveau genre au couleurs de Landing.

Sans oublier « les jardins d’étudiants »: Des topiaires mobiles accompagneront les différents évènements en lien avec la manifestation, et des serres à bascule protègent des carrés de potager associés au fleurissement du parc de Montbenon. Ce sont les jardins des étudiants de l’ECAL.
La HEPIA de Genève, en associant étudiants en Architecture, en Paysage et en Génie Civil propose une relecture végétale du bâtiment de l’administration communale dessiné entre autre par Jean Prouvé en 1974.

Nous avons rêvé Lausanne Jardins comme la possibilité d’une synergie avec les acteurs de la vie culturelle:
Les équipes du SPADOM (service des parcs et domaines), partenaire indispensable de Lausanne Jardins dès la première édition, propose 7 réalisations étonnantes. Elles ponctuent le parcours, dans les parcs et jardins qu’ils entretiennent et embellissent tout au long de l’année. 
Musées, institutions, galeries, évènements estivaux, s’invitent ou nous invitent à collaborer pour faire de l’été 2014, un été jardin sous toute ses formes. Expositions, installations, performances, lecture, visites guidées, le programme est riche pour appréhender les multiples façons d’aborder le thème de la nature en ville. 

Image - Team: Arthur Coteaux, Clarisse Mordret, Paul Tubiana - Ecal / Lausanne (CH) - Photo: Adrien Rovero

Team: Arthur Coteaux, Clarisse Mordret, Paul Tubiana - Ecal / Lausanne (CH) - Photo: Adrien Rovero

Image - Team: Little brother - Edward H. Trager, James L. Chestnut, Christopher J. Reznich (USA) - Photo: Milo Keller

Team: Little brother - Edward H. Trager, James L. Chestnut, Christopher J. Reznich (USA) - Photo: Milo Keller

Image - Team:  Chris Kabel (NL) - Photo: Anne-Laure Lechat

Team: Chris Kabel (NL) - Photo: Anne-Laure Lechat

Image - Team: Service des parcs et domaines sur une idée de Marianne Benech Heiniger, Etienne Elsner et Roland Schmidt - Photo: Matthieu Gafsou

Team: Service des parcs et domaines sur une idée de Marianne Benech Heiniger, Etienne Elsner et Roland Schmidt - Photo: Matthieu Gafsou

Image - Team: Acme (Manon Briod et Julien Mercier), MG Architectes paysagistes (Pablo Gabbay et Pierre Ménetrey) (CH) - Photo: Anne-Laure Lechat

Team: Acme (Manon Briod et Julien Mercier), MG Architectes paysagistes (Pablo Gabbay et Pierre Ménetrey) (CH) - Photo: Anne-Laure Lechat

Image - Team: 1 0 0 Landschaftsarchitektur - Thilo Folkerts Berlin (D) & GRUE - Marie Alléaume Paris (F) Nathanaelle Baës-Cantillon Bruxelles (B) - Photo: Anne-Laure Lechat

Team: 1 0 0 Landschaftsarchitektur - Thilo Folkerts Berlin (D) & GRUE - Marie Alléaume Paris (F) Nathanaelle Baës-Cantillon Bruxelles (B) - Photo: Anne-Laure Lechat

Image - Team: Sophia Tang, Hans-Christian Buhl, Florian Henzler - (GB) (D) - Photo: Anne-Laure Lechat

Team: Sophia Tang, Hans-Christian Buhl, Florian Henzler - (GB) (D) - Photo: Anne-Laure Lechat

Image - Team: Jörg Boner (CH) - Photo: Milo Keller

Team: Jörg Boner (CH) - Photo: Milo Keller

Image - Team: Lucas Favre, Fatemeh Bagheri, Paul-Emile Durand, Julie Dekens, Cassie Vernet - hepia / Genève (CH) - Photo: Matthieu Gafsou

Team: Lucas Favre, Fatemeh Bagheri, Paul-Emile Durand, Julie Dekens, Cassie Vernet - hepia / Genève (CH) - Photo: Matthieu Gafsou

Image - Team: Paysagestion SA, architectes-paysagistes Lausanne avec Manon Mello, designer graphique et Mathilde Tinturier, plasticienne - Photo: Anne-Laure Lechat

Team: Paysagestion SA, architectes-paysagistes Lausanne avec Manon Mello, designer graphique et Mathilde Tinturier, plasticienne - Photo: Anne-Laure Lechat

Image - Team: MAPAPS / Katell Mallédan, Cécile Albana Presset, Tanguy Auffret-Postel, Esther Salmona - Lausanne (CH) et Marseille (FR) - Photo: Milo Keller

Team: MAPAPS / Katell Mallédan, Cécile Albana Presset, Tanguy Auffret-Postel, Esther Salmona - Lausanne (CH) et Marseille (FR) - Photo: Milo Keller

Image - Team: AWS - Atelierworkshop / Thomas Jouffe, Nolwenn Marchand, Emilie Marx, Sébastien Poupeau (FR) - Photo: Anne-Laure Lechat

Team: AWS - Atelierworkshop / Thomas Jouffe, Nolwenn Marchand, Emilie Marx, Sébastien Poupeau (FR) - Photo: Anne-Laure Lechat

Image - Team: Calonder architectes-paysagistes / Augusto Calonder, Maracon (CH) & Masson-Tarsoly architectes / Arabella Masson, Csaba Tarsoly, Lausanne (CH) - Photo: Anne-Laure Lechat

Team: Calonder architectes-paysagistes / Augusto Calonder, Maracon (CH) & Masson-Tarsoly architectes / Arabella Masson, Csaba Tarsoly, Lausanne (CH) - Photo: Anne-Laure Lechat

Image - Team: Calonder architectes-paysagistes / Augusto Calonder, Maracon (CH) & Masson-Tarsoly architectes / Arabella Masson, Csaba Tarsoly, Lausanne (CH) - Photo: Anne-Laure Lechat

Team: Calonder architectes-paysagistes / Augusto Calonder, Maracon (CH) & Masson-Tarsoly architectes / Arabella Masson, Csaba Tarsoly, Lausanne (CH) - Photo: Anne-Laure Lechat

Image - Team: Evelyne Darcy, Olivier Sévère - Paris (FR) - Photo: Matthieu Gafsou

Team: Evelyne Darcy, Olivier Sévère - Paris (FR) - Photo: Matthieu Gafsou

Image - Team: FHV et Adrien Zwingli / collaborateurs: Claudius Fruehauf, Guillaume Henry, Carlos Viladoms, Clélie Protiere, Adrien Zwingli (CH) - Photo: Milo Keller

Team: FHV et Adrien Zwingli / collaborateurs: Claudius Fruehauf, Guillaume Henry, Carlos Viladoms, Clélie Protiere, Adrien Zwingli (CH) - Photo: Milo Keller

Image - Team: Métais + nuvolab / Esther Métais, David Benedetti, Jan De Clercq, Angelo Ferrari, Giorgio Furter, Nicola Lariccia Firenze (IT) - Photo: Milo Keller

Team: Métais + nuvolab / Esther Métais, David Benedetti, Jan De Clercq, Angelo Ferrari, Giorgio Furter, Nicola Lariccia Firenze (IT) - Photo: Milo Keller

Image - Team: Arthur Didier, Marlo Guerry, Sofaya Philemon - Ecal / Lausanne (CH) - Photo: Milo Keller

Team: Arthur Didier, Marlo Guerry, Sofaya Philemon - Ecal / Lausanne (CH) - Photo: Milo Keller

Image - Team: Service des parcs et domaines sur une idée de Michel Dusautoy - Photo: Milo Keller

Team: Service des parcs et domaines sur une idée de Michel Dusautoy - Photo: Milo Keller


Jardin du FRAC Centre à Orléans

Le jardin du FRAC CENTRE s’inspire et se veut complémentaire de l’extension architecturale.
En réponse aux extractions proposées par les architectes, nous créons une faille, un creux, un élément de topographie inversé. Cette faille intègre les différents éléments du programme tout en atténuant leur présence; ainsi cet espace de jardin reste calme, apaisé tout en étant surprenant:
— de part sa forme d’abord : un plateau traversé d’une faille et son mobilier qui ne crée pas d’émergence
— de part ses couleurs aussi, une gamme sourde, voire sombre autant pour les végétaux que les revêtements de sols
— de part le choix de l’utilisation des végétaux: 3 variétés seulement mais à la présence et à la singularité forte
— de part sa mise lumière qui met en relief la singularité du jardin

Les 400m2 du jardin sont donc coupés en deux par cette faille qui délimite deux espaces: côté bâtiment, un espace minéral prolongement de la salle d’exposition temporaire duquel démarre les deux accès à l’intérieur de la faille.

De l’autre côté de la faille, encadrée par les murs anciens, une prairie d’ophiopogons ponctuée de lis roses (lilum martagon) et de quelques sumacs épars. On descend dans la faille soit par des emmarchements, soit par une rampe qui la rend accessible aux PMR. Creusé dans le sol actuel, en décaissé de l’existant, les contours dessinent des zones d’assises (bancs) et des plateaux. Ces plateaux peuvent être utilisés comme table, ils sont aussi support des végétaux échappés de la prairie arrière.

Imaginée comme un cratère, cette faille induit les matériaux que nous pensons utiliser (gravier de pouzzolanne (rouge brique) au sortir du bâtiment, rampe d’accès dans les creux en béton (grise), plateau et paroi des tables, bancs en acier corten, enfin, gravier sombre en fond de faille. L’ophiopogon est une herbe basse, persistante et brillante, au feuillage dense en touffe et à la floraison blanche; la variété ‘Nigrescens’ que nous choisissons est très spécifique, et comme son nom l’indique, le feuillage est presque noir. Au printemps, sur leurs hautes tiges, les lis émergeront de la masse sombre; leur délicatesse et leur parfum annonceront la nouvelle saison.

Enfin, des sumacs à la silhouette tortueuse ombrageront le jardin par endroits; en automne leur feuillage flambloyant égaiera la prairie avant de devenir des sihouettes durant l’hiver.
De nuit la mise en lumière éclaire seulement la faille et les cratères qu’elle dessine; en fond un halo rasant se diffuse sur les murs de pierre.

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Le parc des Tanneries à Amilly

Voir évoluer la friche ... 
2 objectifs pour ce jardin: 
- Accompagner la programmation artistique
- Proposer des aménagements progressifs et différents à chaque saison pour aboutir à une vision à long terme de l' évolution des lieux.

Le projet prendra en compte des moyens limités en terme économique mais aussi et surtout les capacités propres aux milieux existants. Nous proposons de laisser évoluer par eux-mêmes les ripisylves, les boisements et la prairie, tout en guidant cette évolution dans le temps.

En permettant et acceptant la reconquête des lieux localement par la friche, le site s' enrichit de nouvelles espèces et produit une épaisseur végétale dans laquelle de nouveaux paysages peuvent être «sculptés» par des moyens simples de gestion organisée.

Sans intervention, les milieux «ouverts» auront d' abord tendance à se refermer: une strate d'herbes hautes, qui s' envahit ensuite d'essences ligneuses comme des cornouillers, des saules marsault, des ronces et les pousses de jeunes arbres issus des semenciers existants.

Une succession de formations végétales, spécifiques de ces milieux (et nous aurons la surprise de cette nouvelle biodiversité) va transformer le paysage. L' évolution naturelle vers le climax étant la forêt...

En travaillant sur les fréquences des fauches, tontes et intervention ponctuelles de défrichage, on arrête localement l' évolution des formations végétales à un certain stade, en découpant par exemple des clairières d' herbe tondues dans des fourrés arbustifs, des chemins dans une lisière, des axes dans les sous-bois.

En maîtrisant ponctuellement par des fauches et des tailles, et selon un plan prédéfini, l' évolution spontanée de la végétation, on pourra ainsi transformer d' année en année le paysage du site pour créer des cheminements, des axes, des vues sur les bâtiments, sur la rivière ou sur le paysage, des lieux mettant en scène des installations d' oeuvres artistiques.

Ce paysage en constante évolution et répondant à la programmation artistique prolongera à l' extérieur le propos du centre d' art contemporain dont les oeuvres exposées, contrairement à des objets posés dans un espace muséal, s' inspirent pleinement des qualités intrinsèques du site.

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Pop it up

Ici mon rôle est d’offrir la possibilité d’une expression plurielle, un “construire ensemble“ qui dévoile un lieu en mutation.

POP IT UP laisse une grande liberté de création aux artistes invités: Dans les pays anglo saxons, on utilise le terme curator, qui vient du verbe to cure, soigner, prendre soin. Il est plus adapté que le terme français de commissaire qui sous entend une hiérarchie.

Tout d’abord le site: Travaillant sur les aménagements extérieurs des Tanneries et étant par ailleurs scénographe d’exposition, l’envie était grande de proposer un projet dans ce bâtiment si particulier: une architecture simple et brute que le temps a laissée ouverte sur un paysage presque sauvage. Mélanie Drevet et moi avons prit soin de le conserver tel quel pour préserver la richesse de sa flore. Aujourd’hui, par les béances du bâtiment, la nature est partout présente: naturel et construit se rejoignent.

Ensuite une démarche: L’équipe Akoaki, originaire de Détroit (Michigan, USA) développe une approche architecturale différente et prend en charge la conception et la fabrication de ses projets. Investissant des lieux désaffectés, AKOAKI provoque une relation différente au site. Découverte, interrogation, échange, ces installations légères et colorées nous laissent imaginer un autre devenir possible.

Les étoiles d’AKOAKI, flottantes bien que monumentales nous transportent ailleurs, plus haut. Elles élèvent le sol, les poutres, la charpente et le toit. Envolée ou atterrissage ?

Conçues en 2 semaines, elles ont été décomposées puis construites sur place en 2 semaines également: Créativité, inventivité, efficacité caractérisent la guérilla architecturale que nous propose ce commando de 8 étudiants. 

Enfin une déambulation photographique: Le travail de Marie Combes s’approche tour à tour du paysage et de l’architecture. Elle s’approprie les lieux pour en restituer à sa façon les volumes et les perspectives. Son regard vagabond cadre les espaces parcourus en témoin d’une situation donnée et livrée à notre interprétation.

Les images de Détroit en friche affichées dans le parc raccordent l’installation d’AKOAKI  à son lieu d’origine et d’expérimentation et dialoguent avec la prairie.

Les diptyques témoignent en même temps qu’ils  déstabilisent. Packard (emblème du déclin de la ville industrielle) regarde les Tanneries,  une autre échelle, une autre histoire.

La ruine industrielle et presque apocalyptique côtoie les 6 images issues de la commande de la ville d’Amilly qui attestent d’un état du bâtiment avant le démarrage des travaux de transformation. 

voir le catalogue

 

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